Fin juin 2015, le G-BEL (le Biomasse Énergie Laboratoire du GERES) est transféré à l’Institut de Technologie du Cambodge (ITC). Au cours d’une journée riche de rencontres et de débats, l’inauguration officielle du nouveau laboratoire a accueilli de nombreux participants dont le directeur adjoint de l’ITC, le docteur Om Romny. Guillaume Monceaux, le responsable du G-BEL au sein du GERES, nous en dit plus….

Comment vous est venue l’idée d’organiser un évènement comme celui-ci ?

Nous avons répondu à un appel d’offre de la Global Alliance for Clean Cookstoves (GACC). Il s’agit, en fait, de la deuxième phase de notre collaboration avec la GACC. Durant la première phase, nous avons beaucoup travaillé sur le renforcement des compétences chez nous et nos partenaires régionaux. Pour cette deuxième phase, l’appel à projet de la GACC était un peu plus orienté développement de la Qualité dans les différents laboratoires RTKC (Regional Testing and Knowledge Center). Comme nous travaillions depuis le début avec nos partenaires régionaux sur les questions techniques, nous avons souhaité les emmener avec nous sur les questions de la Qualité. C’est de cette façon que l’idée est venue à l’origine, puis elle a évolué petit à petit. Nous voulions réunir les acteurs locaux pour qu’ils puissent se rencontrer, témoigner, partager leurs expériences. Ça permettait également d’informer sur les activités du GERES, sur ce que nous faisons.

Qu’attendiez-vous de cet évènement ?

Nous avions quatre attentes :

·  L’inauguration, qui nous a permis de faire une passation en bonne et due forme avec le coupé de ruban, la signature du MoU (« Memorandum of Understanding » : protocole d’accord), la visite du laboratoire avec les officiels et la poignée de mains.

·  Former nos partenaires régionaux et des équipes de l’ITC, dont celle qui va reprendre le laboratoire.

·  Deux ateliers didactiques et utiles. Le premier était organisé sous forme de tables rondes et portait sur la question de la Qualité : comment identifier et relever les challenges qui lui sont liés en laboratoire. Le deuxième était une discussion sur les standards. Une personne du gouvernement, de l’Institut des Standards du Cambodge (ISC), était présente et a expliqué comment développer des standards au Cambodge, de quelle façon est-ce que c’est structuré, quels sont les intérêts pour les participants et quels sont les acteurs principaux à identifier lorsque l’on veut en développer dans le pays.

·  Créer des échanges entre les invités pour renforcer leurs réseaux mais aussi leurs activités. C’était l’occasion pour toutes ces personnes qui travaillent sur les mêmes questions de se retrouver autour du thème de la Qualité.

Pourquoi avoir choisi cette thématique-là ?

Nous avons choisi de traiter de la Qualité parce que le G-BEL est un laboratoire assez pointu sur cette question dans la région. Ça a permis de voir que le système de management de la Qualité que nous avons est bien plus avancé que dans beaucoup de laboratoires de la région. L’université semble vouloir s’inspirer de la façon dont est organisé le G-BEL pour gérer son laboratoire actuel et son nouveau centre de recherches. Afin de s’assurer que lorsqu’ils produisent des résultats, ils sont justes ! C’est tout l’intérêt de faire de la Qualité : les résultats sortis par les laboratoires doivent certifier un produit, ce qui permet à d’autres parties prenantes de prendre des décisions par la suite. Cette question est importante car s’il y a des défauts de qualité et que les résultats ne sont pas fiables, tout le monde en pâtit. C’est un challenge de développer de tels processus au Cambodge aujourd’hui.

Un changement est en train de s’opérer au sein du G-BEL, quel est-il et qu’implique-t-il ?

Le G-BEL change de mains ! Nous l’avons transféré à l’ITC, ce qui comprend tous nos équipements et savoir-faire, toutes nos compétences, nos procédures et notre documentation. Le but, c’est que l’ITC gère le G-BEL de façons indépendante et autonome. Le MoU que nous avons signé statue sur le co-management du laboratoire pendant un an. Donc, durant une année, le G-BEL reste la propriété du GERES mais dans les locaux de l’ITC. Si nous avons des tests à effectuer, nous pouvons toujours y accéder et le personnel de l’université peut, de la même façon, l’utiliser à volonté.

De qui est composée la nouvelle équipe ?

La nouvelle équipe se compose principalement de mon homologue, le nouveau responsable du laboratoire, qui est le docteur Or Chanmoly et de son supérieur, le directeur de la recherche de l’ITC, le docteur Hul Seingheng, qui sera amené à travailler davantage sur la levée de fonds, les partenariats et sur la façon d’intégrer le laboratoire dans les programmes de recherches.

Aujourd’hui, ma mission est de former le docteur Chanmoly aux opérations en laboratoire, à la préparation des tâches, au management des données, à la conduite des tests de combustibles et technologies biomasse et leurs émissions. J’ai aussi pour tâche de le mettre en relation avec les fournisseurs, l’équipe de la GACC, etc. De cette façon, il pourra transmettre ces nouvelles compétences et former ses étudiants.

A terme, le docteur Chanmoly sera dans l’opérationnel et fera tourner le laboratoire au jour le jour, avec l’aide de ses étudiants, dans certains cas. Rapidement, un laborantin devra être affecté au G-BEL pour aider aux tâches quotidiennes.

Qu’est-ce qui a été mis en place pour que cette équipe soit complètement indépendante ?

Nous opérons un important transfert de compétences sur notre système de management de la Qualité, et leur transmettons rapports, procédures, checklists, feuilles de calcul, et templates.

Actuellement, je les forme à la manipulation technique pour qu’ils sachent comment opérer les différents tests. La prochaine étape consiste à leur expliquer comment est structuré notre système d’information et ainsi, comment retrouver chaque document et procédure afférent à notre système de management de la Qualité.

Vers quoi va le laboratoire aujourd’hui ?

Pour le moment, le transfert est fait sur tous nos protocoles ce qui comprend : comment faire les tests de biomasse, de foyers améliorés mais aussi de charbon et d’émissions. D’autres procédures peuvent être utilisées pour tester les capacités calorifiques d’autres combustibles que celles de la biomasse, ce qui intéresse beaucoup l’université. Le docteur Chanmoly, par exemple, travaille également sur tout ce qui est énergie fossile, comme le pétrole ou le charbon minier. Donc, l’utilisation des équipements en place sera plus large.

Aujourd’hui, de quoi es-tu satisfait avec le G-BEL ?

Je suis satisfait que le transfert se fasse et que des personnes techniquement compétentessoient là pour le reprendre. L’organisation du G-BEL est assez souple et suffisamment bien documentée pour que d’autres personnes puissent l’utiliser. L’ITC a vraiment l’air emballé par le projet. Par exemple, seul le directeur adjoint était censé venir signer le protocole d’accord mais finalement c’est le directeur général qui est venu pour la cérémonie. Ça montre qu’ils accordent de l’importance à ce nouveau laboratoire. Et puis, ce qui est ressorti des discussions que j’ai pu avoir, c’est qu’apparemment ils auraient envie d’intégrer des formations avec le laboratoire dans leurs programmes d’études, donc c’est une très bonne nouvelle !

Ce qui va être intéressant aussi, je pense, c’est de voir la façon dont le laboratoire va évoluer d’ici quelques années. Je serai très curieux de voir où ça en est dans deux ou trois ans. Parce que l’environnement, au Cambodge, évolue très vite. Affaire à suivre !