Montagne Cameroun

L’équipe StovePlus  vient tout juste d’achever « un Etat des lieux des pratiques de cuisson dans la région de Douala », dans l’Ouest du Cameroun.

Cette étude analyse les pratiques de cuisson des ménages, ainsi que l’offre existante en équipements et combustibles. Elle identifie les besoins et opportunités pour la diffusion d’équipements améliorés, et évalue les impacts sur la santé, sur l’économie des ménages et sur l’environnement.


Pourquoi le Cameroun ?

Dans ce pays d’un peu plus de 22 millions d’habitants, dont 52% vivent en zone urbaine, le Cameroun est largement dépendant du bois et du charbon de bois pour cuisiner et se chauffer. En 2010, 79% de la population utilisait les combustibles solides.

Force est de constater que le pays est très riche en bois. La forêt du Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical au monde après la forêt Amazonienne, couvre 60% du territoire camerounais (WRI, 2012). Le taux de déforestation du pays a atteint 0.98% par an entre 2000 et 2005 (Mongabay, 2016).


Le fourneau, une solution à améliorer ?

Dotées de fourneaux plus efficaces, les personnes auront besoin de moins de combustibles pour leur cuisson. Ils ont l’avantage de diminuer les fumées toxiques liées à la combustion. Pour les familles, cela signifie une diminution des dépenses, et du temps passé à récolter le bois et un risque moins élevé pour la santé. Pour l’environnement, cela se traduit par la réduction d’émissions de gaz à effet de serre de pressions sur le couvert forestier.

Pour une vraie amélioration, les appareils doivent effectivement être plus efficaces. Pour s’en assurer, des standards pour réguler leur qualité devraient être implémentés à terme, indique les chercheurs de l’étude.


La situation au Cameroun

Des foyers améliorés sont présents dans le pays. Certains modèles, construits localement, sont subventionnés ou distribués. D’autres suivent dans le circuit classique (producteurs-revendeurs) et sont vendus aux prix du marché. Il s’agit de solutions basiques qui peuvent être améliorées.

Une expérience de diffusion de foyers plus avancés que ces derniers a vu le jour, mais l’adoption par les utilisatrices fut un échec. Taille trop petite, faible puissance de feu, ou encore, et selon les modèles, difficulté de prise en main, durabilité réduite face aux habitudes culinaires du pays (surcharge de bois et longues durées d’utilisation) n’ont pas convaincu les utilisatrices d’investir des sommes parfois élevées pour ces appareils.

D’autres solutions plus adaptées existent cependant, à bois, à charbon, ou encore à granulés de bois. L’utilisation des granulés de bois, par exemple, pourrait permettre de valoriser une ressource abondante et peu valorisée avec un cuiseur de type gazéficateur.


Foyers et ménages, une adoption possible

L’étude montre une utilisation des appareils plus grande par les ménages les moins aisés et ceux en zone rurale. L’abondance de bois en zone rurale fait de lui presque l’unique combustible utilisé.

En zone urbaine, les ménages les plus aisés cuisinent habituellement au gaz et occasionnellement au charbon alors que les ménages moins aisés utilisent le charbon.

Ainsi, les ménages peu aisés et précaires seraient les principales cibles d’une technologie améliorée.

La prochaine étape consistera à vérifier les possibilités d’adoption de ces technologies et de combustibles différents.

Pour les développer et les diffuser, la promotion de ces nouvelles technologies accompagnée de formation pour les vendeurs serait indispensable. Des recommandations d’utilisation à la proposition de services financiers facilitant l’achat de ces équipements relativement chers si cela s’avère possible, les vendeurs doivent pouvoir proposer des outils facilitant l’adoption des appareils et combustibles.

Côté appareil, les producteurs doivent être formés selon les designs sélectionnés, en accord avec les besoins et les demandes des personnes. Le prix et l’impact financier sur les ménages devra être étudié et un suivi des utilisateurs sera nécessaire.

Les étapes sont nombreuses pour une adoption de ces cuiseurs sur le long terme mais l’étude est positive pour le développement de ce marché encore balbutiant.


Ce projet a été financé par Total