Secteur énergie cuisson Côte d'Ivoire

Commençons par quelques chiffres :

En Côte d’Ivoire, 40% des ménages affirment utiliser des morceaux de plastique ou de caoutchouc pour démarrer le feu qui leur servira à la cuisson d’aliments ou d’eau. Comme vous pouvez vous en douter, cette pratique, bien qu’efficace, est loin de respecter l’environnement, et expose les utilisateurs à l’inhalation de substances très toxiques…

Qu’en est-il des forêts ? Dans le pays, le couvert forestier a subi une perte de plus de 75% entre 1960 et 2013 (MINEF 2013).

Un dernier chiffre pour la route : la pollution de l’air intérieur arrive en troisième position dans la liste des causes de morts prématurées.

Une étude comme ligne de base

Le but n’est pas de dresser la liste des pires chiffres concernant la Côte d’Ivoire mais de dresser un état des lieux du pays sur le secteur des énergies de cuisson et ceux qui lui sont liés pour ensuite proposer des axes d’amélioration.

En collaboration avec ECREEE et CARE, StovePlus a mené une étude « Energies propres de cuisson en Côte d’Ivoire – Situation & Perspectives » pour dégager les grandes tendances et proposer une base de référence pour les actions futures dans le secteur. L’étude sera disponible en janvier 2015.

Petit concentré des habitudes de cuisson des ménages

C’est un pays de 22,8 millions d’habitants dont la moitié vit en ville et l’autre en zone rurale.

La biomasse est une ressource largement disponible: bois, charbon, divers résidus agricoles. C’est elle la plus prisée (73% de la consommation énergétique finale) face aux produits pétroliers (21%), à l’électricité (5.3%) ou encore au gaz (1.7%).[1]

L’étude note un effort de l’Etat pour faire changer les usages : « la TVA sur les produits pétroliers est passée de 18% à 9% et le prix du GPL à usage domestique est subventionné jusqu’à 50%». Cela explique notamment le fort taux de pénétration du gaz dans les ménages, notamment urbains. Cependant, l’accès au GPL en zone rurale est freiné notamment par l’état des routes qui permet difficilement son transport dans de nombreuses zones.

Concernant les usages, 67,5% de la consommation énergétique finale concerne les usages domestiques. Les besoins varient entre cuisson, eau chaude et même dans certains cas, chauffage lorsque l’Harmattan souffle.

Les ménages cuisinent environ 3h25 par jour quelle que soit leur classe socio-économique. Cette dernière influe l’agencement de la maison : les ménages aisés ont tendance à cuisiner à l’intérieur, dans une pièce aménagée, contrairement aux classes moins aisées qui ont tendance à cuisiner à l’extérieur.

Outre la classe socio-économique, les zones géographiques ont un impact sur les ressources utilisées. Gaz et charbon sont largement utilisés à Abidjan, respectivement 91.7% et 85%, alors qu’en zone rurale, le bois atteint 98.4% d’utilisation, suivi de loin par le charbon (50.8%). Les milieux urbains, hors Abidjan, représentent un entre-deux où l’usage du charbon domine à 93.3%, suivi du gaz (56.3%) et du bois (54.8%).

Si ces pourcentages additionnés dépassent largement les 100%, c’est que les usagers utilisent bien souvent plusieurs combustibles.

Qu’en est-il des prix ?

Comparons le prix au kilo et le prix au MégaJoule, c’est-à-dire l’énergie utile.

Une personne habitant à Abidjan paiera 53 FCFA par kilo de bois, ce qui lui reviendra à 15,4 FCFA par MJ.

Si elle achète 1 kg de charbon, elle paiera 110 FCFA, ce qui équivaut à 15 FCFA par MégaJoule.

Si elle achète une bouteille de gaz de 6 kilos, elle paiera 2300 FCFA, soit environ 383 FCFA pour un kilo, soit 13 FCFA par MégaJoule.

Concernant l’électricité, le prix est de 36 FCFA/ kWh pour moins de 80 kWh bimestriel, si l’on traduit cela en énergie utile, alors le prix de revient par MégaJoule est de 16.7 FCFA.

Si l’on compare le coût de l’énergie utile, on s’aperçoit que le gaz est le combustible le moins cher à Abidjan. La distribution du gaz couvre essentiellement les zones urbaines. Cependant, les problèmes d’approvisionnement semblent s’amoindrir dans le pays.

Aller plus loin…

L’étude ne s’arrête pas là et passe à la moulinette les secteurs institutionnels et professionnels, ainsi que les différentes filières : bois, charbon, gaz, biorésidus, et cuiseurs sont étudiés.

Liens

Accès à l’étude : http://stoveplus.org/uploads/reportPdfs/CotedIvoire_CookingSector2015.pdf

Résumé exécutif : http://stoveplus.org/uploads/reportPdfs/CotedIvoire_fr_ICSector2015.pdf



[1] INS/DSSE/Comptabilité Nationale