Part 2/2. Découvrir ou relire la partie 1

LES COMBUSTIBLES

Plus de la moitié des personnes qui récoltent le bois sont des femmes et elles insistent sur leur besoin « d’un foyer de cuisson plus efficace car elles souhaiteraient réduire le temps passé à cuisiner et à collecter le bois. »

L’étude « Global Burden of Disease assessment » de l’OMS souligne que la collecte du bois est une tâche harassante. « Elles consacrent plus de 217 heures par an à cette activité. » (Mercy Corps-Myanmar, 2012).

QU’EN EST-IL DU PRIX?

Le prix du bois de chauffe a été multiplié par 8 entre 1988 et 1997 puis par 4 entre 1994 et 2004. Cette hausse des prix entraîne un déboisement incontrôlé des forêts proches des villes et des villages indique le rapport d’ENERGIA.

QUESTIONS DE SANTE

En plus de cette tâche éreintante qu’est la collecte du bois, l’étude « Global Burden of Disease assessment » de l’OMS indique que la pollution de l’air intérieur est le 3ème facteur de risque à l’origine de la charge de morbidité au Myanmar. Les femmes de 15 à 49 ans sont les plus touchées. De façon générale, les femmes vivent 10 ans de moins que les hommes au Myanmar. EMC liste les trois principales causes  de cette importante disparité : un haut taux de décès en couche, des systèmes de santé et infrastructure insuffisants et un système de surveillance des maladies inadapté.

Les recherches d’ENERGIA montrent que les femmes ne se rendent pas compte des risques de la pollution de l’air intérieur mais que les hommes paraissent plus conscients du risque.

ET QU’EN EST-IL DE LA PRODUCTION DES FOYERS ?

Hommes et femmes produisent des foyers de cuisson et certaines tâches incombent plus souvent aux femmes. Au sein des groupements de producteurs, l’approvisionnement en matières premières et la cuisson des foyers traditionnels sont réalisés à la fois par les hommes et les femmes, toutes les autres tâches sont réalisées par les femmes. Lorsqu’il s’agit d’une affaire familiale, seuls les hommes sont en charge de ces deux tâches, les autres tâches sont en revanche partagées entre les femmes.

ENERGIA a obtenu des témoignages sur le processus de cuisson :

« Les productrices de foyers expliquent qu’au départ, elles trouvaient que ce processus était un défi sans l’aide des hommes, puis elles ont appris à s’adapter. Dans une zone en particulier, nous avons observé des femmes qui faisaient cuire les foyers avec d’autres poteries, ainsi, chaque fournée réunissait à la fois plus de produits et plus de personnes autour du four durant le temps de cuisson. »

Il est important de garder à l’esprit leurs activités annexes : cuisiner, collecter le bois, et les tâches ménagères échoient majoritairement aux femmes dans le pays.

CUISINER AU MYANMAR

70% du salaire des Birmans est dépensé en nourriture. Leurs plats sont composés principalement de « riz, maïs, millet, pommes de terre, igname, viande, poisson, viande séchée, poulet, poisson séché, mangue, papaye verte, durian et piment ».

EMC note que leur cuisine puise ses origines dans les traditions culinaires indiennes, chinoises ou encore thaïlandaises. La façon de cuisiner est un élément à prendre en compte puisque cela influe évidemment sur le design de l’appareil (par exemple, s’ils ont besoin d’un feu puissant ou non, la largeur du foyer, etc.)

ACHETER UN FOYER DE CUISSON

Lorsque vient le moment d’acheter un appareil de cuisson, ce sont les femmes qui décident. Il faut cependant mettre un bémol sur cette affirmation, car dans les zones les plus reculées, les femmes restent généralement chez elle ou au village. Ainsi, les hommes sont aussi concernés puisqu’ils sont en charge d’aller acheter le foyer dans la ville la plus proche. C’est un élément à prendre en compte pour la stratégie marketing, par exemple.

TOP 3 DES FOYERS AMELIORES LES PLUS APPRECIES

Aujourd’hui, à travers les 7 régions ciblées par SCALE (le projet du GERES), 46% de la population utilise un foyer à charbon, 35% un appareil électrique en zone péri-urbaine. Concernant les zones rurales, 50% des personnes utilisent un foyer 3-pierres et 17% un foyer à charbon. (EMC)

Cela dit, 35% des foyers possèdent deux appareils de cuisson et notamment en zone péri-urbaine.

Selon la région, les utilisateurs préfèrent le 3-pierre (23% en zone rurale dans la région de l’Ayeyawaddy) et 33% préfèrent le A1 dans la région de Magway.

UN FOYER AMELIORE POUR CUISINER ?

Oui, mais pas seulement ! 95% des personnes interrogées l’utilisent aussi pour faire bouillir de l’eau, 18% pour se réchauffer, certains l’utilisent aussi pour préparer la nourriture des animaux et d’autres pour s’éclairer.

Santé, environnement, chaîne de valeur, de nombreux autres sujets sont couverts par l’étude et nous vous invitons à les lire si vous souhaitez avoir une vision globale et précise du secteur de l’énergie de cuisson au Myanmar :

- The Myanmar Cookstove Market Assessment by Emerging Markets Consulting (EMC)

- A complimentary gender assessment carried out by ENERGIA International Network on Gender and Sustainable Energy (ENERGIA)

* Qui est le professeur Aung Kyin ?

Le Professeur Aung Kyin est ingénieur forestier diplômé en Allemagne. Après plusieurs années à travailler à l’Institut de Recherches sur les forêts, il s’est ensuite intéressé aux foyers améliorés et s’est engagé dans le secteur de l’accès à l’énergie pour aider à son développement. Il est reconnu comme l’un des experts référents dans le domaine de l’environnement au Myanmar.

SCALE - Strengthening improved cookstove access towards a better quality of life and environment

This project is funded by the European Union

ENERGIA est un Réseau International sur le Genre et le Développement Durable et assiste le programme SCALE sur la question des genres.

Emerging Markets Consulting (EMC) soutient de grandes multinationales pour comprendre les marchés locaux et développer des stratégies d’entrée sur les marchés ainsi que les entreprises locales souhaitant se développer.

© StovePlus, un programme du GERES
Ce projet est financé par l'Union Européenne, le FFEM, la Fondation RAJA et la Fondation Lord Michelham of Hellingly