karite mali

Nous vous emmenons au Mali, à Doïla, le temps d’une rencontre avec les femmes d’une coopérative de beurre de karité.

Notre interlocutrice parle le Bambara et l’une des femmes nous aide pour retranscrire ses paroles en français. Dans cette conversation à 3 voix, elles nous racontent comment le beurre de karité était réalisé au temps de leurs ancêtres :

« La famille entière produisait le beurre de karité : ma grand-mère, puis ma mère. Depuis notre enfance, nous n’avons connu que le beurre de Karité, et nous suivons ce chemin. »

Elle se rappelle : « Je partais avec ma grand-mère en brousse le matin de bonne heure pour ramasser les noix. »

« Les femmes creusaient des fosses et versaient les noix dedans et attendaient que les fruits se décomposent, la pulpe se détachait ainsi de la noix. Dans la fosse creusée, elles piétinaient, piétinaient. Ainsi, elles chassaient l’air de l’amas composé de noix. Elles ajoutaient un peu d’eau à la mixture, refermaient la fosse et recommençaient ces opérations pendant 3 jours. Les noix ainsi fermentées étaient complètement débarrassées de leur pulpe. »

« Ensuite, elles enlevaient les noix de la fosse et les faisaient sécher au four, un foyer 3 pierres. Elles partaient aux champs, chercher du gros bois pour pouvoir nourrir le foyer. »

« Après trois jours, les noix étaient séchées. Alors, elles les sortaient du foyer. »

« Ensuite, elles les triaient et les décortiquaient avec des cailloux, et enlevaient les coques. Après le décorticage, les amandes étaient mises à sécher au soleil puis elles les mettaient dans le mortier et elles les concassaient. Une fois les grains obtenus, elles les torréfiaient puis les pillaient pour obtenir une pâte grossière. Ensuite venait l’étape du laminage, à la fin de laquelle, elles obtenaient une mouture plus fine : la pâte versée dans une marmite, les femmes la barattaient directement à la main. Pour recueillir le beurre, elles lavaient la pâte avec de l’eau fraîche pour obtenir un beurre tirant sur le blanc. »

« Une fois le beurre obtenu, elles bouillaient la mouture avec de l’eau pour séparer le beurre des impuretés. A nouveau elles se servaient du trois pierre. Après avoir recueilli le beurre, il était purifié avec un peu d’eau, à nouveau cuit. »

« Et ainsi elles obtenaient leur huile qu’elles réservaient dans un récipient dans un endroit sans poussière, ni lumière. La nuit, elles le brassaient jusqu’à ce que l’huile devienne pâte. » 

« Enfin, elles l’amenaient au marché où elles la vendaient et avec la somme récoltée, elles achetaient de la nourriture, des vêtements, des médicaments pour leurs maris et leurs enfants. »


De l'Afrique de l'Ouest à l'Asie du Sud-Est, nous vous emmenons à la rencontre de  personnes engagées dans le secteur des cuiseurs via une série de portraits :

- Le beurre de karité, une tradition séculaire

- Beurre de karité et modernisation

Entrepreneurs, partenaires et acteurs du secteur prennent la parole sur le site dans les semaines à venir, restez à l'écoute !