production beurre karité

Dans cette série de témoignages, découvrez les producteurs et utilisateurs avec qui nous travaillons pour développer le secteur des foyers améliorés dans leurs régions.

Aujourd’hui, lumière sur Marikou Kadidia Samaré

Quelques tests pour commencer…

« Nous avons réalisé les tests avec le 3-pierres qui est là-bas, nous avons pesé le bois, versé 10 seaux d’eau dans la marmite, nous l’avons ensuite posé sur le 3-pierres, puis on a allumé le feu. Votre collègue a chronométré le temps nécessaire pour que l’eau bouille. Nous avons ensuite réalisé le même procédé avec un foyer amélioré (le SEWA). Nous nous sommes rendu compte que deux branches suffisent pour chauffer la même quantité d’eau que celle utilisée pour le 3-pierres. Cela a facilité notre travail et c’est moins cher. Le bois coûte ici 5 500 FCFA, une tonne peut coûter plus de 7 500 FCFA mais nous n’avons besoin que de 2 500 FCFA de boix avec le foyer amélioré. »

Entourée de toutes les femmes de la coopérative, Marikou Kadidia Samaré nous raconte :

« A partir de décembre, fleurs et fruits poussent sur l’arbre. La récolte des fruits commence à partir du mois de juin et dure jusqu’en septembre. »

« il ne faut jamais cueillir les fruits mûrs, ils tombent tout seul. »

Après ce conseil, elle décrit le processus modernisé :

« Pour ce temps gagné-là, comme on fait beaucoup de travail, si on finit vite de faire le beurre, on vient au savon. Le temps qu’on gagne-là, on travaille le savon. Tamponner les savons, mettre les emballages aussi. »

C’est au tour de la responsable de la coopérative de nous expliquer le nouveau process.

« Le matin de bonne heure, on part en brousse, on s’occupe du ramassage des noix. Puis, on les amène, et on fait le dépulpage comme je le fais ici. Après le dépulpage, on lave les noix. »

« Pour laver les amandes, on les plonge dans une eau tiède et on les laisse sur le feu pendant 30 minutes. Pour vérifier si elles sont prêtes, j’en sors une, et je la casse (elle cogne la noix contre le sol), pour vérifier s’il reste un peu de sève blanche, si elle a disparu, c’est que les noix sont prêtes. On les sort ensuite de l’eau et on les étale sur des bâches pendant 3 jours. »

« Après ces 3 jours, on étale les noix sur une terrasse propre et on commence le décorticage. Une fois décortiquées, on les étale à nouveau au soleil de cette façon (elle montre des noix étalées au soleil). »

« Après le séchage, si nous avons une grande quantité de noix, nous les mettons dans des grands sacs avant de commencer la production. Ça, c’est le point de départ. »

« Et le travail commence… Nous lavons les amandes pour les débarrasser de résidus noirs tels que nous le faisons en ce moment. Puis nous trions les bonnes amandes de celles noircies que nous jetons.

Nous utilisons ensuite la machine pour la mouture et pour le pressage. C’est de cette façon que nous obtenons le beurre.

Mais il y a une deuxième procédure,  certaines femmes continuent de baratter le beurre à la main. Ici, nous avons une presse manuelle et une presse électrique.

Cette procédure que je viens de vous décrire, c’est la façon dont nous travaillons ici.

Bénéfices

Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ?

Cela a agrandit notre production. Le 3-pierre est lent, et avec le vent, le feu est moins efficace et il manque de s’éteindre à chaque instant. Avec ce nouveau foyer, il suffit de mettre les noix dans la marmite, et on peut commencer à travailler sans se soucier du feu.

C’est plus rapide qu’avec le 3-pierres. Il nous fallait jusqu’à dix jours pour pouvoir laver une tonne, et aujourd’hui, nous n’avons besoin plus que de deux jours. Cela nous a permis de réduire nos dépenses en bois.

Ca a beaucoup changé notre façon de travailler et aujourd’hui, les femmes sont moins fatiguées qu’avant. Ca c’est sûr qu’avant, le travail des femmes les fatiguaient rapidement tant c’était difficile.

Grâce à ces nouveaux appareils, nous gagnons du temps, et lorsque nous avons fini le travail du karité, nous pouvons nous occuper du savon. Ainsi, le temps gagné est très utile ! Nous tamponnons les savons, nous les empaquetons, etc.

Elle dit que maintenant, les femmes sont libres, puisqu’il y a la machine, on ne pille plus, on ne baratte plus, c’est la machine qui fait tout ça. Ca a aussi diminué notre dépense sur le bois.

De l’Afrique de l’Ouest à l’Asie, retrouvez des portraits de femmes et d’hommes, tous engagés dans le secteur des foyers améliorés.

Portraits :

- Le beurre de karité, une tradition séculaire